L'âme du fusil

Elsa Marpeau

Gallimard

  • par (Libraire)
    7 octobre 2021

    À l’orée de sa vieillesse, un homme, Philippe, écrit une lettre à son neveu, Pierre, pour lui raconter une histoire ancienne dramatique.
    Cette année-là, l’été torride du fait du dérèglement climatique dessèche la nature, modifiant les repères de cet homme au chômage, vivant sans sortir de son hameau, passant ses journées dans l’attente du retour de son fils du lycée. Une vie vide comme "l’âme du fusil", un terme qui désigne le diamètre du canon d’un fusil, un tube vide. Pour assouvir sa passion pour la chasse et oublier son ennui, il part dans la campagne ou dans la forêt, jouir de la nature, s’émerveiller des arbres, de la flore, de la faune sauvage, d’un étang. Il pense alors à ses fusils, à son chien, aux chasses qu’il a fait, à celles qu’il fera avec son fils, quand il lui aura offert son fusil et son chien.

    Jusqu’au jour où il voit son nouveau voisin se baigner nu dans "son" étang. L’homme n’est pas bâti comme eux, son corps est fin, féminin. Philippe est intrigué. Il se met à l’épier, visite en douce sa maison pour essayer de comprendre l’homme et de découvrir la raison de sa présence dans le hameau. Il le désire sans pouvoir se l’avouer. Il cherche à se faire accepter par lui, puis à ce qu’il soit accepté par ses copains et sa femme, Maud qui leur prépare des repas arrosés le dimanche. Il ne voit pas vers quel drame il se dirige...
    Elsa Marpeau décrit un homme à la dérive, qui ne supporte pas son isolement, dont le monde est limité depuis qu’il ne quitte plus son hameau. Le nouveau voisin arrive avec une autre façon de vivre, il n’est pas chasseur, il perturbe le groupe d’hommes qui l’accueillent. Méconnaissant les règles tacites du groupe, il transgresse un interdit qui provoque le drame. Un drame terrible et très noir.
    Elsa Marpeau analyse finement ce qui produit le drame : la fierté machiste des hommes, leur attachement à leur mode de vie rural, tout ce qu’ils ne disent pas et quipourtant les meut.
    Elle connaît bien le milieu de la chasse et décrit joliment la nature telle que la voit Philippe, abaissant la vigilance du lecteur qui pourrait finir par considérer ces hommes comme de grands écolos. C’est bien fait, mais plutôt dérangeant…
    Ce polar rural est très bien écrit et respecte la langue de ces hommes de la France profonde. Il tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page. Une composition très habile lui donne une puissance presque bestiale.
    Un très bon roman noir.


  • par (Libraire)
    24 septembre 2021

    Enorme coup de cœur !

    Ce roman est l'histoire d'une obsession, celle d'un homme rongé par la solitude. Obsession qui va le mener à la violence sans qu'il ne se rende compte du chaos pourtant annoncé dès les premières pages.
    Grosse claque, on ne ressort pas indemne de cette lecture !


  • par (Libraire)
    17 septembre 2021

    Un très bon roman noir

    Tout commence par deux coups de fusil..
    Philippe est au chômage, il attend. Entre sa femme qui travaille, sa bande de copains, son fils Lucas qui est sa fierté, il y a sa passion pour la chasse. Celle qui rythme les saisons et qui l'entraine dans une nature qu'il connait par coeur. Alors qu'il est à l'affut près du lac, il découvre une ombre, un homme magnifique aux traits féminins, son nouveau voisin. Le drame peut alors s'amorcer.
    Un très bon roman noir.

    Delphine


  • par (Libraire)
    28 août 2021

    Orgueil et préjugé

    Parfois, seule l'arrivée d'un nouveau voisin peut bouleverser votre vie à tout jamais. Dans un style dynamique et puissant, ce thriller psychologique parfaitement mené vous plongera dans les tourments d'un homme qui pensait tout savoir de lui et de ses désirs. Mais le cœur des hommes se confond quelque fois avec l'âme des fusils. Intense et profondément humain.

    Romain


  • par (Libraire)
    24 août 2021

    Coup de coeur de Rémi

    Un excellent polar d'atmosphère...

    Nous sommes à la campagne, où Philippe, 50 ans grosso modo, s'emmerde à la maison. Il a perdu son travail, et sa semaine est rythmée par les entrées et sorties de son ado et de sa femme; et le repas du dimanche, avec les copains de la chasse.
    Et un jour, le quotidien est légèrement troublé : un nouveau voisin, Julien, s'installe en face. Philippe VEUT s'en faire un ami : Julien le trouble, et l'obsède...

    Elsa Marpeau évite tous les pièges de l'exercice : le misérabilisme, le portrait de la France beauf, les enfilages de perles sur les-vilains-chasseurs.
    Rien de tout ça. On a au contraire un roman nerveux, immersif, très malin aussi, qui donne un portait très convaincant d'un homme en quête de repère dans un monde où un homme-blanc-au chômage-quinqua-chasseur peut, parfois, se sentir exclu.

    Épatant !